Vincennes - Lot 107

Lot n° 107
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Estimation :
4000 - 6000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 38 100EUR
Vincennes - Lot 107
Vincennes Arrosoir (arrosoir d'appartement) à décor polychrome de bouquets de fleurs filets bleus à agrafes or sur les bords Embouchure du déversoir rond en forme de multiples fleurs bleues imbriquées. Anse manquante remplacée par une anse en vermeil ou pomponne ? Marqué en bleu LL entrelacés, année 1755 XVIIIe siècle H. 20 cm Cf : Cette forme d'arrosoir a été créé en deux grandeurs en 1754. Le moule apparait dans le livre de stock dans les deux tailles, La structure est formée de deux gobelets à lait mis face à face créant une large partie centrale, avec de chaque côté une anse et un déversoir formé d'un bouquet de myosotis. Il pouvait contenir une essence parfumée pour réactiver des pots-pourris ou parfumer des fleurs en porcelaine. (R.Savill, 2021-117) Marcelle Brunet et Tamara Préaud indique que le premier arrosoir en biscuit est cité dans la fournée le 10 juillet 1954, puis en novembre 1754 sont listés quatre arrosoirs (2 en première grandeur et 2 en deuxième grandeur) puis six de plus en deuxième grandeur en 1755. La fournée d'émaillage en cite un seul en première grandeur en novembre 1754, en 1755 trois de la deuxième grandeur et quatre de la première grandeur en 1756. Un arrosoir émaillé en deuxième grandeur est évalué à 18 livres en 1755. Dans l'inventaire des achats de Madame de Pompadour auprès du marchand-mercier Lazare Duvaux, le 24 décembre 1755, elle est livrée d'un arrosoir deuxième grandeur. (LD 2336) En 1758, le magasin de vente vend deux arrosoirs en deuxième grandeur évalué 108 livres chacun et trois de la première grandeur évalués 120 livres. Tous les arrosoirs sont décorés de jetés de fleurs polychromes ou en camaïeu bleu avec filets or. Enfin treize arrosoirs sont listés dans le livre de vente entre novembre 1755 et juin 1757 dont trois en première grandeur et dix en deuxième grandeur. Aujourd'hui nous en connaissons seulement sept, trois de la première grandeur, à la cité de la céramique (Inv MNC 21593) et dans une collection privée et quatre de la deuxième grandeur au Musée Getty de Los Angeles, USA (inv 84.DE.89.) ; Au musée Gardner à Toronto, Canada (inv G84.1.3), au Nelson-Atkins Museum of art, Kansas City (inv F94-20), A la collection C.L. David à Copenhague et dans une collection privé anglaise. Des arrosoirs sont passé en vente au 19e siècle, sans description de taille dont deux provenant de la collection du Comte de Lonsdale en 1887 dont un avec une anse en métal à décor de fleurs polychromes. En 1920 dans la vente de la comtesse de Béarn apparait un arrosoir fleurs polychromes avec anse métal. Il est fort probable que celui présenté aujourd'hui vienne de la vente Lonsdale puis Bearn. Vincennes and Sèvres Porcelain, the Paul Getty Museum, Adrian Sassoon. UN PETIT ARROSOIR REMPLI DE PARFUM Entre 1754 et 1756, la manufacture de Vincennes produit un petit nombre d’arrosoirs en porcelaine tendre, dont seulement neuf exemplaires figurent dans les registres de fabrication. Ces objets délicats, décorés de bouquets de fleurs polychromes, s’adressent à une clientèle raffinée, proche de la cour. Les registres indiquent un prix de 120 livres pour le modèle de première grandeur et de 108 livres pour celui de deuxième grandeur. Dans les amateurs de ces petits arrosoirs figure Madame de Pompadour, protectrice de la manufacture de Vincennes, dont les ennemis prenaient plaisir à répandre des rumeurs malveillantes. L’une d’elles racontait que, durant l’hiver, pour amuser le roi, elle dépensait une fortune en fleurs de porcelaine « plantées » dans le jardin de son château de Bellevue, qu’elle arrosait à l’aide d’un petit arrosoir en porcelaine rempli de parfum. Cette mode des arrosoirs miniatures perdure au XIXème siècle. En 1816, lorsque Marie-Louise, duchesse de Berry, s’installe au palais de l’Élysée, un témoin écrit : La Marquise de Pompadour en belle jardinière d’après Carle Van Loo « À l’arrivée de la princesse, la pièce a été tendue d’étoffe bleue ; dans les fenêtres, on a disposé deux jardinières de fleurs naturelles, dont la jeune femme prend soin avec une bêche en argent, et un arrosoir en porcelaine de Sèvres. »
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