Surtout de table composé de neufs éléments, à décor polychro - Lot 324

Lot n° 324.B
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Estimation :
3000 - 5000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 12 700EUR
Surtout de table composé de neufs éléments, à décor polychro - Lot 324
Surtout de table composé de neufs éléments, à décor polychrome présenté dans des réserves blanches poudrées de sucre. Attribué à un atelier de cannameliste, confiseurs et illustrateurs, livré par Bazin, marchand faïencier du roi. Paris, seconde moitié du XVIIIème siècle. (taches, quelques usures) Longueur totale : 334 Largeur : 66 cm Le surtout de table se compose de : 5 éléments : 66 x 47,5 cm 2 éléments sans continuité directe dans le décor : 66,5 x 48 cm 2 demi lune : 66 x 47 cm Long. totale déployée : 427,5 cm Long. déployée sans les deux éléments légèrement plus grands : 331,5 cm Porte au dos l’étiquette du marchand faïencier du roi Bazin, à l’Hôtel de Lisieux, rue des Fossés Saint-Germain-L’Auxerrois. L’étiquette indique qu’il «tient magasin et dépôts de porcelaines de Sèvre, de Chantilly, des Indes & de toutes autres Manufactures de Porcelaines ; faïence de toutes espèces ; Cristaux de Bohême & d’Angleterre ; Plateaux de glaces pour les desserts ; Figures et fleurs artificielles pour les décorations de table…» À côté des modèles en argent ou en porcelaine, on recourt pour le dessert à des surtouts éphémères en sucre, pastillage, carton peint ou sable coloré, destinés à être modifiés au gré des fêtes. Les traités de confiserie de Menon et de Gilliers insistent sur les pièces montées en sucre — rochers, temples, obélisques ou jardins miniatures — dressées au milieu de la table. Dans l’ouvrage Le goût de l’or blanc, le chapitre « Quand le sucre se transforme en chef-d’œuvre : des confiseurs marchands d’art » montre combien les confiseurs du XVIIIᵉ siècle sont perçus comme de véritables créateurs d’objets d’art éphémères, jouant de la translucidité et de l’éclat du sucre pour rivaliser avec l’orfèvrerie et la porcelaine. Par son vocabulaire rocaille, ses petits paysages de jardins, fabriques et ports, sans armes ni monogramme, l’ensemble évoque davantage un univers galant et pastoral qu’un événement officiel. Il semble avoir été conçu pour une fête intime — peut-être un anniversaire ou une célébration familiale — dans un cercle proche de la cour, et livré par le marchand faïencier Bazin, fournisseur régulier de la Maison du Roi. Le fond blanc granuleux, aujourd’hui légèrement mat, est obtenu par du sucre candi ou de fins cristaux fixés sur une couche de colle ou de gomme. Cet effet scintillant évoque les « tableaux de sable » ou marmotinto réalisés au XVIIIᵉ siècle à partir de poudres de sable, de sucre ou de marbre, souvent présentés sur les tables de dessert. Livré par le marchand faïencier Bazin, fournisseur de la Maison du Roi et de plusieurs princes, ce surtout illustre l’étroite collaboration entre marchands faïenciers, confiseurs et maîtres d’hôtel dans l’ordonnancement raffiné des tables parisiennes au XVIIIᵉ siècle. Bibliographie - Joseph Gilliers, Le Cannameliste français ou Nouvelle instruction pour ceux qui désirent d’apprendre l’office, Lunéville, 1751, éd. illustrée avec planches de surtouts de table, p. 240 à 243. - Jopeph Menon, La science du maître d’hôtel confiseur, Paris, 1750, p. 493 et 494. Maud Villeret, Nicolas. Coquery (dir.), Le goût de l’or blanc. Le sucre en France au XVIIIᵉ siècle, Presses universitaires François-Rabelais, en particulier chap. « Les détaillants, aiguillons de la tentation sucrée ». Stépane Castelluccio, « Lemaire et Branlard, marchands faïenciers du roi », Versailles. Revue de l’Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 2014.
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