Coffret comprenant des souvenirs de la famille royale lors d - Lot 105

Lot n° 105
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Estimation :
15000 - 20000 EUR
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Résultat : 50 800EUR
Coffret comprenant des souvenirs de la famille royale lors d - Lot 105
Coffret comprenant des souvenirs de la famille royale lors de la captivité Inclus dans trois plaques sous-verre. PLAQUE I. GANT DE PEAU AYANT APPARTENU AU DAUPHIN PLAQUE II. RÉUNION DE QUATRE MÈCHES DE CHEVEUX PLAQUE III. FIL TRESSÉ PAR MARIE-ANTOINETTE & FRAGMENTS DES PAPIERS DE TENTURE Haut. 25 Larg. 22 cm Provenance : - Duchesse de Tourzel (1749-1832), gouvernante des enfants de France, conservé dans sa descendance. Expositions : - « Marie-Antoinette et son Temps », Galerie Sedelmeyer, 1894, p. 23, n° 15, 18 et 19. - « La reine Marie-Antoinette et sa cour », Bibliothèque de Versailles, mai-juin 1927, p. 54, n°284. - « Commémoration de la révolutio française », Paris Musée Carnavalet, 1939, p. 66, n°451, 505 et 510. - « Marie-Antoinette Archiduchesse, Dauphine et Reine », Château de Versailles, 16 mai au 2 novembre 1955. PLAQUE I. GANT DE PEAU AYANT APPARTENU AU DAUPHIN trouvé par le concierge Richard dans la cellule de la Reine à la Conciergerie, après son départ pour l’échafaud ; retrouvé par Fouquier-Tinville avec la lettre adressée à Mme Elisabeth, saisi après le 9 thermidor, par Courtois ; rendu en 1815 à Louis XVIII et remis en souvenir à Mme de Tourzel. Rosalie Lamorlière(1), qui fut servante à la Conciergerie durant la captivité de Marie-Antoinette relate sous la dictée de Lafont d’Aussounne, les derniers jours de la reine et évoque ce gant : « Elle portait, caché dans son corset, le portrait du jeune Roi et une boucle de ses cheveux enveloppée dans un petit gant de peau jaune qui avait servi à l'enfant, et je m'aperçus qu'elle se cachait souvent près de son misérable lit de sangle pour embrasser, en pleurant, ces objets. Elle fut fouillée plusieurs fois à la Conciergerie, et on lui arracha brutalement sa montre suspendue à son cou par une fort belle chaîne. Cependant, peu de jours avant sa mort, elle possédait encore le médaillon qui renfermait le portrait du jeune Roi. J'ignore ce qu'il sera devenu. »(1) p. 94 Et dans sa conversation avec Madame Simon-Viennot, Rosalie livre un complément inédit : « Lorsque le jour fut venu, c'est-à-dire à peu près vers les huit heures du matin, je retournai chez Madame pour lui aider à s'habiller, ainsi qu'elle me l'avait indiqué, et, m'ayant fait signe de me tenir devant son lit pour ôter la vue de son corps au gendarme... L'officier de gendarmerie s'approcha de nous à l'instant, et, se tenant auprès du traversin, regarda changer la Princesse. Sa Majesté aussitôt remit son fichu sur ses épaules, et, avec une grande douceur, elle dit à ce jeune homme : « Au nom de l'honnêteté, Monsieur, permettez que je change de linge sans témoin. » - Je ne saurais y consentir, répondit brusquement le gendarme ; mes ordres portent que je dois avoir l'oeil sur tous vos mouvements. » La Reine soupira, passa sa dernière chemise avec toutes les précautions et toute la modestie possibles. Le trouble que me causait la brutalité du gendarme ne me permit pas de remarquer si la princesse avait encore le médaillon de M. le Dauphin ; mais il me fut aise de voir qu'elle roulait soigneusement sa pauvre chemise ensanglantée ; elle la renferma dans une de ses manches comme dans un fourreau, et puis serra ce linge dans un espace qu'elle aperçut entre l'ancienne toile à papier et la muraille. »(2) p. 90-91 Enfin, la plaque sous-verre présente un texte imprimé d’après les déclarations de Rosalie Lamorlière, retraçant le parcours du gant après la mort de la reine, depuis sa découverte dans la cellule jusqu’à sa transmission aux fidèles de la famille royale : Lorsque la Reine quitta la Conciergerie pour l’échafaud, elle remit au concierge Richard la lettre testament qu’elle avait écrite, en le priant de la faire parvenir à sa belle-soeur, Madame Elisabeth. Puis, aussitôt après le départ de Marie-Antoinette, Richard fut l’inventaire de ce qui se trouvait dans la cellule ; il trouva le petit gant, le recueillit et le porta avec la lettre à Fouquier-Tinville. Celui-ci ne transmit pas la lettre à Madame Elisabeth, mais le garda dans son cabinet avec le gant. Cette Commission nomma comme rapporteur Courtois ; ce conventionnel avait à s’occuper du rôle de Fouquier-Tinville. Il se rendit dans son cabinet, y visita ses papiers, y trouva le testament de Marie-Antoinette et le petit gant, et garda ces deux pièces par devers lui. En 1815, il les avait encore. Alors persécuté, sans cesse sous le coup de visites domiciliaires, et malade, il crut pouvoir obtenir quelques faveurs en rendant la dernière lettre de Marie- Antoinette et le petit gant. Aussitôt cette remise faite, M. Decaze, à la Chambre des députés, et M. de Chateaubriand, à la Chambre des pairs, lurent cette lettre. Le petit gant, en souvenir du dévouement que Mme Tourzel avait eu pour la famille royale, lui fut donné par le Roi. » (1)Rosalie Lamorlière, La dernière prison de Marie-Antoinette, [préface de
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