Le dimanche 20 novembre 2011 à 14h (Hôtel Drouot, salle 4)
L’imprimerie Draeger, du nom de la dynastie qui va régner pendant près d’un siècle sur les ateliers de Montrouge, doit sa réputation à son innovation permanente et à sa créativité. A partir de 1968, Claude Draeger, le petit-fils du fondateur prend la direction des éditions Draeger et travaille avec Dali, Picasso, Chagall et bien d’autres. En ouverture de la vacation, une série d’estampes de ces artistes provenant de la collection de René Toutain, chef d’atelier de la célèbre imprimerie, sont proposés.
La seconde partie est consacrée aux artistes orientalistes. Aux côtés de deux belles toiles d’Auguste Raynaud (1854-1937), Salamboo 1900 et Cléopâtre, on remarque deux superbes portraits de jeunes filles du peintre flamand Edouard Verschaffelt (1874-1955). Formé aux Beaux-Arts de Gand, il s’installe à Bou-Saâda en Algérie en 1923 et partagera jusqu’à sa mort le quotidien de la tribu des Ouled Sidi Brahim. L’orientaliste brosse des tableaux délicats de la vie quotidienne, des paysages et des portraits, qui sont autant de témoignages des coutumes ancestrales de cette communauté. L’essayiste Pierre Fontaine écrira à son sujet en 1952 : « Edouard Verschaffelt est un peintre impressionniste qui a su conserver la bonne mesure entre le trop léché d’un Dinet et l’abstraction picturale moderne. »
En ouverture du chapitre consacré aux artistes modernes, on relève une suite de trois œuvres de Francis Picabia (1879-1953). La première : Un paysage aux arbres roses aux accents impressionnistes. Membre pendant quelque temps du mouvement Dada, Picabia ne cessera d’expérimenter de nouveaux matériaux et de nouvelles pratiques (collage, poèmes visuels…). Son œuvre est marqué par des peintures à motifs superposés (jusqu’à sept ou huit sujets), dites « Transparences » qu’il réalise vers la fin de sa vie. Comme cette Transparence de visages sortant d’un coquillage surréaliste dessinée à l’encre et la superbe toile Taureau Cheval et Picadors.
On retient également un ensemble rare de 24 œuvres de Jacques Germain (1915-2001) réalisés entre 1954 et 1989. Peintre abstrait, il est l’élève de Fernand Léger et d’Amédée Ozenfant dans les années 30 à l’Académie Moderne de Paris. Il est aussi le seul Français à avoir étudié au Bauhaus. Retenons encore une sculpture en marbre noir, acier et bronze, de Carla Lavatelli (1929-2006). Il s’agit d’un modèle réduit de la sculpture monumentale de l’artiste située à Brown University (Providence, Rhode Island) et dans une autre version à Stanford Californy (Palo Alto, Californie). Ainsi qu’une très belle épreuve de Renoir et Guino, La petite laveuse.
Le programme se poursuit avec 22 céramiques d’André Metthey (1971-1920). Surnommé le céramiste fauve, il travaille dans son atelier d’Asnières de 1903 à 1909 avec Matisse, Puy, Vlaminck ou encore Derain, avec qui il cosigne ses œuvres. Il choisit alors de travailler seul et peint ses décors lui-même. Coupes, gourdes, vases, amphores, boites et bols s’ornent de formes simples et géométriques, puis de figurines aux courbes délicates et d’animaux.
Dans le chapitre art déco on relève des verreries signées Daum et Gallé, aux motifs fleuris et un miroir de Max Ingrand (1908-1969), daté de 1945. La vacation se termine par un très bel ensemble de mobilier par Jules Leleu (1883-1961).
Vous pourrez voir les lots lors de l’exposition publique qui se tiendra le samedi 19 novembre de 11h à 18h et le matin de la vente de 11h à 12h.
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