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18 avril 2018 à 14h00 Fonds Tissandier - Bibliothèque Léon Hennique Drouot-Richelieu - Salle 16

Archives et autographes sur l'aviation - Livres et manuscrits

Exposition publique

Sur rendez-vous du 9 au 13 avril, 9 rue de Duras 75008 Paris.

Mardi 17 avril de 11h à 18h. 
Mercredi 18 avril de 11h à 12h. 

Contact

Simon Meynen
+ 33 (0) 1 40 06 06 08
s.meynen@auctionartparis.com

Experts

Alexis Chevalier
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pelican@pelican-noir.com

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Lot n° 14

BALLONS MONTES - 1°) Ens. de 4 lettres envoyées par ballon monté par Madame Tiss

Vendu 2 500 €
BALLONS MONTES - 1°) Ens. de 4 lettres envoyées par ballon monté par Madame Tissandier Mère (la mère de Gaston, Albert et Alfred), de Paris, à sa propre mère Madame Rose Decaen de Chatouville, alors réfugiée à Hautejeute près de Tours / 2 octobre, 17 octobre, 29 octobre et 4 novembre 1870 - Pour la première, marque « par ballon monté » de la main de Madame Tissandier, pour les 3 autres, utilisation d'un papier à lettre avec mention « par ballon monté » imprimé / Texte d'affection familiale et relation d'événements « Gaston a pu j'espère mettre à la poste mon mot et demain lundi Albert va partir aussi, tu pourras leur écrire à Tours » - « Les Prussiens nous entourent, je ne sais s'ils ont l'idée de nous prendre par la famine, c'est bien long, bien sûr, d'être ainsi avec l'impossibilité de sortir de Paris » - « J'ai été chercher quelques provisions de viande dans des boites, les bouchers n'ouvrent pas tous les jours, il y a une queue qui ne finit pas » - « Je suis très remuée à l'idée du voyage de mes fils »» - « Je ne sais plus quand nous serons délivrés de tant de calamités, misères et inquiétudes présentes et à venir car comment vivra-t-on ? avec quoi ? quelles douleurs que les notres à tous » - « Le pain est bis, le cheval une fois la semaine, le chou est bien rare, il y a boucherie de chiens, chats, rats rue Blanche, une langue de chien 75 c, je n'en ai pas mangé encore, heureusement que j'ai des pommes de terre car il n'y en a plus » - « Je suis interrompue par un bataillon qui passe de nos pauvres jeunes gens, habillés en capotes grises, sac au do, marchant comme des anciens soldats, ils vont revenir moins nombreux, blessés, tués, et ils chantent, et moi je pleure de tout mon cœur, nous sommes accablés, pauvres Français » - « Demain un ballon doit s'enlever, je profite de cette occasion incertaine » - « J'espérait qu'Albert et Gaston trouveraient le moyen de me faire parvenir un mot, ce silence est ce qu'il y a de plus difficile, ne rien savoir des absents c'est bien long » - « Le 31 octobre a été bien effrayant, mais nous avons échappé aux rouges. Sinistre soirée, inquiétude de la nuit du lendemain - nous voilà rassurés de ce côté, les votes d'hier sont oui en immense majorité pour le gouvernement actuel qui n'est pas rouge, mais faible contre cette couleur. Alfred est fort pris sur les remparts, à l'Hôtel de Ville, il a été trois nuits sans se coucher […] Quel malheur que Metz, je suis désolée comme française, pour moi cette guerre me désespère. Jamais plus ma France ne se relèvera de tout cet écrasement. Je ne peux voir d'étrangers sans être en rage, l'autre jour chez la Marquise de L.G. j'ai parlé trop vivement à une Américaine qui a un Prussien pour parent. Je ne puis me calmer à cet endroit » - « L'âne coûte 3 f 50 la livre et c'est rare » - « Notre pot-au-feu pour 3 jours est de 27 sous, juge la grosseur » / Joint : photo originale de Madame Decaen de Chatouville, mère de Madame Tissandier, destinatrice de ces lettres / 2°) Lettre affranchie de Madame Tissandier écrite sur papier à lettre avec « Par ballon monté » imprimé, envoyée de Paris à ses fils Albert et Gaston le 7 décembre 1870 à Tours (puis redirigée sur Le Mans) : Alfred, qui va dîner avec elle ce soir, et elle sont désolés d'être sans nouvelles d'eux, « quelle journée le 30, c'est affreux que la guerre, quel fléau, et quels ennemis atroces nous avons », « que nous sommes donc malheureux dans cette chère France »

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